13.12.2011

Encore un coup de coeur pour le dernier livre de Peeters

C'est celui du CEPAG (Centre d’éducation populaire André Genot):

 
"En voyage d’affaires à Dubaï, Jack Janssens, homme d'affaires, voit son monde s’effondrer, à la veille des ses 60 ans. Il vit alors une brève parenthèse au Yémen en confiant à son ordinateur portable - qu'il personnifie en le baptisant Monsieur Presario - ses regrets, ses doutes et ses délires tout en s’adonnant au qat, plante aux vertus "euphorisantes".

Voici le "pitch" du deuxième roman d' Edouard C. Peeters qui prend la forme d'un monologue, d'une confession.

Le très beau titre - qui aurait pu être celui d'un roman de Tim Roth ou de Paul Auster - a une origine scientifique. En effet, "les fameux trous noirs sont des régions de l’espace où la matière est si concentrée que rien n’échappe à son attraction et tout ce qui gravite dans les parages d’un trou noir y tombe et disparaît à jamais. Le disque recouvrant l’orifice du trou noir est appelé horizon des événements ". Quelle belle métaphore pour cet homme qui se retrouve déstabilisé, en rupture avec tout son monde qui s’effondre autour de lui. Alors, situé sur cet « horizon des événements », il va se faire happer, tomber dans le trou noir. Seul témoin de cette chute libre: son ordinateur.

Si le premier roman d'Edouard C. Peeters, « Nephros », paru il y a six ans (sélectionné par le Festival du premier roman à Chambéry et finaliste du Prix des cinq continents) flirtait trop avec un certain académisme, dans la forme et dans l'histoire, ici on vole beaucoup plus haut car l'originalité est présente non seulement dans la forme, dans cette écriture parlée et littéraire à la fois, mais aussi dans le contenu.

Certes, on pourrait parler de critique du capitalisme très présente dans ce roman, mais ce sont pas les pages les plus intéressantes du roman, car trop convenues. En fait, les passages les plus beaux, les plus intéressants, ceux qui nous touchent le plus, ce sont ceux qui nous parlent des fragments de vie de ce personnage, de son mal-être, de ses balades dans la nuit, de ce qu'il nous dit du qat, de ces envolées vers Dubaï et vers le Yémen qui semblent très présentes.

Et on atteint le sommet avec le dernier e-mail qui clôt le roman, où tout se résout, où la boucle se referme avec ce secret, enfoui tout au fond du personnage, qui explose au grand jour, parcourt ces kilomètres virtuels qui séparent deux ordinateurs, et subitement explique tout ce qui a été le moteur de la vie de Jack, mais aussi la cause de son échec et la raison pour laquelle il ne peut rester sur cet « horizon des événements » et doit inévitablement tomber dans le trou noir.

Un roman à découvrir et à partager, loin des tam-tams médiatiques."

 

http://www.cepag.be/activites-culturelles/livres/horizon-evenements-par-edouard-c-peeters

 

Edouard C. Peeters sur France Inter

La dernière émission de La librairie francophone (Emmanuel Kherad) était consacrée à Sonia Rykiel, Edouard C. Peeters et Patrick Deville.

Pour l'écouter, cliquez ci-dessous:

Bouton de lecture


(Allez directement à la minutes 8.45 pour Edouard Peeters)




  




12.12.2011

Chronique littéraire d'Eric Brucher

C'était les 09 et 11 décembre sur Radio Antipode:

FM 94.1 (Centre Brabant wallon), FM 94.2 (Nivelles), FM 94.9 (Waterloo)

L’horizon des événements, Edouard C. PEETERS, Le Castor Astral, 2011

La ‘crise’ est passée par là. Mais les éditions Le Castor Astral ont tenu bon. Il a juste fallu revoir le format et la mouture, version plus discrète et modeste, ce qui n’enlève rien à la qualité des textes qui y sont proposés ! Ainsi du deuxième roman de Edouard C. Peeters L’horizon des événements. Et, tiens, c’est drôle, la ‘crise’, du moins une forme de dénonciation d’un certain monde du business est son propos.

Il paraît - c’est ce que nous dit le roman - que l’’horizon des événements’ est ‘le disque recouvrant l’orifice d’un trou noir’. Le trou noir, cette région de l’espace où la matière est si concentrée que rien n’échappe à son attraction. Ils sont invisibles car ne dégagent aucune lumière, ne font que l’absorber. Evidemment, c’est ici une métaphore. Celle d’un système affairiste mondial délétère qui engloutit inexorablement l’humain – exploitant l’homme par l’homme sous prétexte de vague motivation d’entreprise ou de réalisation de soi..

Nous sommes à Dubaï, cet ultramoderne pays qui exprime par-dessus tout la démesure ou la mégalomanie, avec son incroyable piste de ski en plein désert, son fameux hôtel 7 étoiles en forme de voile, ou ses gratte-ciels pivotants… Dubaï ? Enfin, le narrateur – 60 ans, ingénieur en chimie, 28 ans de maison dans l’industrie, càd un type qui a réussi – il n’y est plus à Dubaï ; depuis une semaine il chique le qat au Yémen, dans un trou miteux. Le qat, la drogue locale baptisée ‘imam vert’. Il soliloque, ou plutôt a pour confident son seul ordinateur, rescapé du gouffre, Mr Presario. Et d’évoquer pour lui sa vie et ses ratages, le cynisme nauséabond du monde de la rentabilité et des dégraissages surtout, ce grand jeu de Monopoly des fusions industrielles et financières, de la maximisation de la valeur des entreprises, celui de l’argent destructeur du ‘facteur humain’ – facteur le plus gênant dans ces affaires.

Un roman réquisitoire désenchanté et féroce contre l’univers mensonger des prédateurs, ceux-là qui, tels un trou noir, dévorent tout dans une grande orgie. De cette dénonciation, qui sent le parfum de l’expérience vécue, surnage une sorte de désabusement fataliste – sans doute pareil aux trips que procure le qat – et un humour caustique mais jouissif contre ce capitalisme qui ne s’avère qu’un leurre absurde.

Très rapidement aussi, je voulais signaler, paru il y a peu au même Castor Astral Un éclat de vie de Marie-Eve Sténuit (dont on se rappelle peut-être Les frères Y), qui est l’histoire d’un autre désastre, intime celui-là, dont seuls les souvenirs comme autant de clés, et le rire particulier de l’autodérision permettront de se sortir.

eric.brucher@antipode.be

06.12.2011

Ecoutez Marie-Eve Stenuit au micro d’Edmond Morrel

Voici comment Edmond Morrel présente cette interview sur Espace Livres:

"Dans "La Marge" qu’il consacrait à trois romancières belges, Jacques De Decker saluait le dernier roman de Stenuit :

Des exemples de petites merveilles ? (...)« Un éclat de vie », de Marie-Eve Sténuit, qui avait déjà quelques livres très originaux à son actif et qui détaille ici ce qu’un choc affectif peut produire chez celle qui le subit, une magnifique illustration du vers déchirant de Vigny « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Espérons que le magnifique travail d’édition de Francis Dannemark dont elle bénéficie à Bruxelles soit vraiment soutenu par son partenaire bordelais « Le castor astral ».

Nous avons rencontré la romancière..."

Et voici le lien de l'interview:

Ecoutez-Marie-Eve-Stenuit-au-micro?rtr=y