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30.04.2007

L'école des Belges

 

Un autre article sur L’école des Belges, cette fois publié dans la note d’information de mars-avril 2007 du CPEONS (Conseil des pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel neutre subventionné)

Depuis quelques décennies, la littérature de Belgique n’est plus totalement inconnue du grand public ; des efforts importants ont en effet été fournis tant dans le domaine de l’édition que dans celui des médias. La sortie de l’école des Belges sous la direction de Francis DANNEMARK semblerait donc moins urgente qu’auparavant. L’éditeur a néanmoins, selon ses dires, été motivé par divers facteurs : curiosité intacte des professeurs et des élèves, souci de pallier les difficultés soit éditoriales soit pécuniaires à découvrir des œuvres contemporaines déjà reconnues dans la francophonie, désir de soumettre au futur lecteur quelques textes critiques.

Francis DANNEMARK a délibérément choisi de ne présenter que dix romanciers (dans ce premier volume et dix dans dans le suivant) car le genre romanesque se prête mieux à une approche des adolescents.


Une autre originalité du recueil, ce sont les rubriques qui accompagnent les extraits : autobiographies, inventaire à la Prévert des influences artistiques (littérature, musique, cinéma), énonciation brève des thèmes, points de vue d’un critique, d’un libraire, d’un enseignant, réponse de l’auteur à la question « Pourquoi écrire ? », quatre pages d’analyse (sur l’ensemble de l’œuvre et sur un extrait), bibliographie.

Cette présentation correspond parfaitement à l’intention de l’éditeur : proposer un guide non seulement pour un public scolaire mais aussi pour toute personne curieuse de littérature.

La densité des informations est donc sans conteste une des caractéristiques essentielles de cet ouvrage, densité traduite dans une typographie claire, aérée, laquelle conduit le lecteur par la main.

Le choix des extraits, des commentaires analytiques dont la perspective nous entraîne au-delà des passages choisis, des rubriques ciblées avec pertinence, tout cela contribue certainement à donner un aperçu précis d’une œuvre et de son auteur.

Un autre intérêt, à notre sens, se dégage de ce guide : celui de permettre à la fois une approche purement textuelle et une approche socioculturelle.

Dans le cadre d’une étude scolaire, la difficulté réside dans le fait que les élèves « reçoivent » des auteurs dont la qualité semble indiscutable ; une sélection a été opérée par d’autres, et on leur demande implicitement d’entériner le choix.

Comment, dans ce cas, développer leur esprit critique vu qu’il s’agit de les inciter à se poser des questions, à analyser et à exprimer un jugement de goût ? Exercice artificiel parce que scolaire, choix imposé : est-ce une mission impossible ? Certes non !

En fait, ce guide permet une lecture à deux niveaux.

Dans un premier temps, l’apprenti-lecteur découvrira les textes et le paratexte dans leur sens apparent et évident ; dans un deuxième temps, il s’interrogera sur la représentation de soi que dessinent les auteurs, sur les critères esthétiques explicites et surtout implicites auxquels souscrivent les professeurs, les libraires et les critiques, tous familiers de la littérature.

À lui désormais de s’approprier peu ou prou les prises de position de ces commentateurs, à lui de trouver sa place dans le champ culturel.

16.04.2007

Doeschka Meijsing et Benno Barnard dans Le Soir

Benno Barnard et Doeschka Meijsing en vedette dans Le Soir du 13 avril 2007.

 

 

LE TEMPS EST UN COUP D’AILE

100% chimique de Doeschka Meijsing est une chronique de famille. Qui mêle l’histoire de quatre femmes aux fables des rêves.

Avec ce roman, Meijsing a suivi la piste qui mène de son arrière-grand-mère Maria Blumenträger à sa grand-mère Bettina Bory et à sa mère Ilna. Une histoire de plus d’un siècle, qui mène de Francfort aux Pays-Bas. Heureusement Meijsing – en un temps où les histoires de femmes larmoyantes sont à la mode – est sélective et courte. Elle ne raconte pas de façon chronologique, elle fait des sauts d’une femme à l’autre, de façon élégante. Ce qui donne au roman un ton frais et surprenant, semblable au miroir d’une mémoire capricieuse.

« Le temps est un coup d’aile », écrit-elle. On peut se cacher sous cette aile en n’écoutant que les caquètements de Pfiffikus. On peut aussi se forger une histoire. On peut compter sur Doeschka Meijsing pour cela.


ONNO BLOM (De Standaard)

Et JEAN-CLAUDE VANTROYEN

 

 

IL EST DIFFICILE DE NE PAS JOUER 

Un monologue de 62 pages. Un témoignage vibrant d'émotion, de justesse, de force, d'humanité et d'écriture. Benno Barnard, auteur néerlandais qui vit en Belgique, l'a écrit pour la grande actrice flamande Chris Lomme. À la lecture, le texte est déjà bouleversant. Sur scène, il doit porter encore plus d'émotion.

   L'actrice, c'est Coco. Elle vieillit et elle s'interroge sur sa vie, ses absences, ses amours. Elle se demande de qui elle est.

  Coco ne crie pas, ne se révolte pas, ne pleure pas. Elle raconte, elle se dit avec les mots sublimes de Benno Barnard, superbement traduits par Marnix Vincent. Si bellement qu'on voudrait les voir vivre sur une scène francophone. En lisant, j'ai pointé de mon crayon une vingtaine de phrases, si bien faites qu'on a envie de les retenir. "Je veux dire quelque chose de simple, simple comme la poésie de la musique pop", dit Coco/Benno.

  Simple? En apparence. "Le temps, bien sûr, a planté dans mon visage son lent couteau." "Le zigzag d'un éclair ouvre ma mémoire comme une boîte de soupe". "Ainsi, mes pensées voltigèrent comme une mite fascinée, pendant trois, quatre minutes devant le doux feu de cet écran de télévision." 


JEAN-CLAUDE VANTROYEN

Le Soir, 13/04/2007