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07.04.2008
Entretien avec Pascal Allard dans La Gazette du Nord-Pas-de-Calais
ENTRETIEN AVEC PASCAL ALLARD, AUTEUR DE L’ARBRE À SOI
La Gazette du Nord-Pas-de-Calais, 03.04.08
La Gazette. L’écrivain dont le premier roman Les Amériques a été publié chez un petit éditeur, c’est vous ?
Pascal Allard. “Au départ, c’est moi. La question est de savoir si cela le reste.”Est-ce que L’Arbre à soi naît, comme vous le racontez dans ce roman, alors que l’auteur attend des lecteurs derrière une pile de livres ?
“Ce livre est né sur un salon du livre organisé pour la première fois. Les cinquante écrivains présents ont vu moins de trente lecteurs. Après avoir discuté avec mes voisins, j’ai raconté ce qui se passait (rires). Je me souviens que, lorsque j’ai écrit mon premier roman, je me suis accroché à l’idée que le livre se suffirait à lui-même. En fait, non. Il faut être présent.”
Est-il aussi difficile de débuter un second roman comme votre héros le raconte ?
“Une fois commencé, la question ne se pose plus. Cette fois, ce qui m’intéressait, c’était d’évoquer l’écriture. Je souhaitais également reprendre une histoire de mon enfance, celle d’un explorateur français qui disparaît en Amazonie. Inviter mon héros au Salon du livre de Guyane lui permettait de se balader ensuite dans la forêt amazonienne.
Ce roman est une belle métaphore de la situation de l’écrivain : seul dans le monde avec cette interrogation : à quoi ça sert d’écrire ?”
Et à quoi ça sert d’écrire ?
“A rien, mais c’est indispensable. Et puis, on écrit pour être lu. Pourtant quand on écrit, on n’a pas forcément les outils pour l’être. Avoir des difficultés à rencontrer un public amène à se poser des questions.”
Avec ce roman, on entre dans les coulisses de l’édition. Vous êtes assez critique…
“Il y en a de plus en plus de livres fabriqués, des livres à fort pouvoir d’attraction. La place est donc comptée pour les gens qui n’ont que leur livre.
Ajoutons que la fonction de critique a tendance à disparaître.”
Au cours d’une excursion dans la forêt amazonienne, les écrivains invités au salon sont pris en otage. La demande de rançon est particulière : publier leurs livres…
“Je me suis finalement dit que cette situation n’était pas si romanesque. Dans cette prise d’otages, il s’agit de publier des écrivains détenus et mis en avant. C’est peut-être la chance de leur vie !”
Cette intrigue ne fait-elle pas écho à la prise d’otage d’Ingrid Betancourt ?
“Quand j’ai commencé à écrire, j’avais en tête un reportage sur des militaires colombiens détenus par des FARC. Quand mon livre est publié, cinq ans plus tard, la situation ne s’est pas dénouée pour Ingrid Betancourt. Je ressens une profonde gêne. Pourtant, mon roman se passe à des milliers de kilomètres et les preneurs d’otages ne sont pas les mêmes.”
Quels sont vos projets ?
“Le projet est de continuer à écrire. J’ai un grand plaisir à raconter des scènes drôles. Mais je m’interroge : suis-je capable d’écrire autre chose ?”
Entretien réalisé à Lille le 6 mars.
Propos recueillis par Céline Levivier
14:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal allard, l'arbre à soi
L'Arbre à Soi dans Le Monde des livres
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L'écrivain qui, par la voix de Pascal Allard, nous conte ses aventures, aurait sa place auprès d'Alex, de Welter et de leurs semblables. Jeune écrivain, il vient de publier son premier roman, intitulé Les Amériques. Le titre lui vaut d'être invité en Guyane où un Salon du livre a pour thème "la rentrée littéraire découvre l'Amérique". Dès l'aéroport, sa situation est établie. Il ne connaît pas les autres invités - célèbres pour siéger dans des jurys de prix ou en avoir eu - à l'exception d'un copain d'enfance qui, "depuis qu'il avait épousé une présentatrice de la télé, sortait deux livres par an chez un grand éditeur". Tout écrivain se reconnaîtra dans cette charretée, les accueils et dîners officiels.
Toutefois, si ce milieu a tout d'une jungle où le gros dévore le petit, c'est dans la vraie jungle - celle faite d'enchevêtrement d'arbres abritant une faune inquiétante - que le romancier en herbe se retrouve finalement. Le récit évolue alors de l'intimiste au roman d'aventures, deux palettes où le style d'Allard fait merveille.
Enrobées d'un humour assez maîtrisé pour n'avoir jamais rien d'outrancier, les critiques de Solal et d'Allard contre l'art moderne et la littérature ont l'enthousiasme des amoureux de l'art et non le fiel des aigris. Certes, il y a là des colères qui n'ont que le mot pour s'apaiser, mais ce sont aussi de séduisantes oeuvres romanesques. Et surtout des invitations à sourire.
14:19 Publié dans La presse en parle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal allard, l'arbre à soi, roman, le monde






